English Nederlands Français English Nederlands Français
Kunstenaars
Persoonlijke pagina's
:: Archief
: 2010 : 2009

Dialogen met kunstenaars in residentie

Interview met Philippe Beloul
Mijn werk is ook mijn tuin! Op dit ogenblik maakt de kunst zonder grenzen mensen verloren.
:: Verwante onderwerpen
Philippe Beloul
:: Interview
Interview met Pierre Rubio
Interview met Julien Bruneau
Interview met Niko Hafkenscheid
Interview met Margherita Isola & Jérôme Porsperger
Interview met Christina Clar
Interview met Emma Lindgren
Interview met Luea Ritter
Interview met Philippe Beloul
Interview met Rémy Héritier (FR)
Interview met Paula Diogo, Alfredo Martins & Carlo
Interview met Rafael Alvarez en Paulo Guerreiro
Interview met Tawny Andersen en Alexandre Le Petit


(vertaling niet beschiskbar)


L :Peut être on commence par ton projet?

OK. Mon projet s’appelle “Welcome Home” C’est un projet a long terme. J’aime plutôt dire que mon travail s’étend vers un ou deux ans. La différence avec la méthodologie courante c’est que ce n’est pas la partie performative qui m'intéresse le plus, mais plutôt le travail de recherche. Mais cette fois ci c'est différent : j'ai décidé de conclure cette recherche par une performance avec ces codes classiques c’est-à-dire un début, un milieu et une fin, quelque chose de présentable. Et la revient ma question de toujours: quelle serait la façon de présenter un travail de recherche sans que ça devienne contraignant pour le spectateur et surtout avec humour!!?

N'oublions pas que je travaille avec des choses du passé, avec une partie acoustique influencée par certaines pièces sonores que j’ai fait dans le passé. Je n’utilise pas les ‘samples’ des autres pièces, mais on va dire qu`il y a une influence de ce que j’ai fait dans le passé. En ce moment je trouve ces influences à travers les films. Par exemple j'aime travailler avec des films grands publics, des films à sensations, des films Américains. Pourquoi? Parce que je suis - moi aussi en tant qu' homme né en France, - un Américain de France! La France est un bon exemple. Quand on regarde comment les gens vivent dans les provinces françaises de nos jours, on s'aperçoit qu'ils vont Chez Mc Do, au drive in, et qu’ils y vont régulièrement. Qu'ils passent leur temps dans les Hypermarchés, et que le standard économique est de fonctionner à coup de crédits, et j'en passe!!

Souvent on me demande: qu’est ce que tu veux dire? Quel est le fond de ton travail? Alors je dirai: le fond est gratuit. C’est une idée voulue: c’est le gratuit qui m’intéresse. Le premier but c’est que ce soit un divertissement. J’aime que tu ne puisses pas percevoir avec ce qui est donné le but que je veux atteindre. J’aime l’ambiguïté, quand les gens se demandent : Tiens, est ce qu’il a voulu dire ça ou ça? Souvent je ne veux rien dire, je veux juste que tu vois car c'est un Show, un divertissement. À première vue je veux bien que les gens se demandent ce qui se passe, qu’est ce que je fais là avec mes trucs.

Lorsque je vais voir un spectacle, je suis souvent confronté par beaucoup trop de demandes de la part des acteurs. Je souhaiterais ne pas être autant sollicité. J’aime le côté spectateur passif, comme au cinéma, les choses éphémères.

Dans ma proposition, l’éphémère fait aussi partie de mon approche. Chaque présentation est différente de l’autre vu que je travaille tellement longtemps sur un même projet. Il y a une base qui me sert à travailler pour la présentation suivante mais je ne fais pas de pas en arrière. Je ne travaille pas vraiment avec la mémoire. Si je travaille deux ans, je garde des choses mais on va les trouver avec une disposition différente. Comme une ‘update’ !

Dans la partie technique de mes recherches, je dois travailler avec le temps parce que je suis dépendant de matériel technique comme des logiciels, etc. Mais cela est pour moi un défi puisque le matériel qui ne reste pas avec le temps doit partir, disparaître. C’est un peu comme de l’auto flagellation quand je suis en face de ces disparitions de matériel, mais si mes choses n’ont plus raison d’être cela fait partie de mes contraintes, même si je suis un peu surpris par fois. Je n'ai pas un dogme, mais j’ai continuellement envie de continuer même si d’un autre côté, ça me frustre. Si tu n’as pas de l’argent, il faut trouver une autre solution. Les choses n’évoluent qu’à coup de machines, de vitesse et de rapidité de création. Je ne marche pas vraiment dans ce système, mais je suis alerte à cela par contre. Ce n’est pas la machine qui me fait trouver les idées.

Je me suis rendu compte que le publique joue un grand rôle pour moi, que les rencontres avec l’audience sont très importantes. Comme je ne fais pas de showing et je travaille tout seul, je me rends compte que le travail n’est pas fini quand je le présente et que c’est alors le publique qui me donne des solutions.

Avec “iMoi”ce sont les gens que s’y sont intéressées qui ont fait évoluer mon travail. Avec « iMoi » qui est un travail de reconnaissance vocale j’ai eu une même remarque de la part des spectateurs. Pourquoi tu fais ce travail avec les machines en sachant qu’elles ‘crachent’ à un moment ? Bien c’est ce jeu-là qui m’intéresse énormément et qui me mets aussi dans un stress impossible. À ce moment précis, j’ai eu la question qui m’a ouvert vers d’autres possibilités. Pourquoi ne mettrais-je pas cette possibilité de ‘crash’ dans le spectacle? Dès lors je suis rentré dans un autre domaine et j’ai commencé à réfléchir à comment utiliser l’erreur au présent et même à comment recréer des erreurs de façon à que je puisse avoir cette situation. Je ne veux pas la reproduire toujours au même moment, mais de façon à que je puisse les re-utiliser comme un moment de la représentation. Ce moment met le spectateur dans une situation assez stressante. L’idée est que le spectateur puisse se référer au spectacle comme un lieu où se sont passé beaucoup de choses.

Aujourd’hui c’est assez difficile d’être surpris. Par exemple si je prends tout ce qui est violence. Je pourrais dire qu’on a plus de surprise dans ce domaine mais qu’on cherche continuellement à faire mieux, et même mieux que mieux. Ma question c’est: mieux que quoi? En fait ce que j’ai envie de donné se passe au niveau émotionnel. Pris au bon niveau évidemment. Mon travail est assez difficile, chaotique, je dirai même bordélique. Mon intérêt est de trouver comment me faire lire à l’intérieur de ce bordel, de façon à ce que le publique puisse lire sans que je lui donne les éléments petit à petit. Je tiens beaucoup à la planche de liberté qui laisse le spectateur dans une place de questionnement. J’aimerai que les gens à qui la présentation a plu restent dans la salle a la fin. Qu'ils se sentent confortables pour rester !

'Welcome home'… Est-ce que l’idée est partie du titre ou le titre est parti de l’idée? L’idée de départ était d’inviter les gens dans un espace qui serait le miens, leur faire partager mon espace privé. Je veux placer le publique dans la place du voyeur, pas dans le côté intime du terme, mais plutôt un voyeur qui regarde dans le quotidien de cet homme. Si jamais je dois donner une histoire. Ce serait l’histoire de cet homme dans la société de nos jours. Ce serait une histoire autour de la solitude, de comment tu t’entoures d’un monde qui n’existe pas. Ce serait sur le côté virtuel de la société dans laquelle nous nous trouvons.

C’est une étude sur l’Homme au masculin avec un grand M. Je suis convaincu qu'on vit dans un monde d’hommes à 80%. J’aime faire avec ses paramètres. L’homme veut tout maîtriser, sa bagnole, sa machine. Je veux jouer avec ce côté de l’homme lié à la volonté de contrôler. L’homme et la machine, comment il se situe par rapport à ce qui l'entoure. Je ne crois pas qu'on y pense beaucoup. On va là où on va. Le présent, ce n’est pas très brillant et alors dans 50 ans, je veux bien voir où cela a mené.

La force que l’homme croit avoir est sa grande faiblesse en vérité. Dans Welcome Home il y a beaucoup de frime mais rien dans la profondeur. C’est une approche visuelle à ce niveau-là. Encore une fois je veux jouer avec l’ambiguïté: Est il prétentieux où est ce qu’il fait exprès? Et aussi: Est-ce que la personne a bien compris ou est-ce que je n'ai pas encore bien fait? L’ambiguïté est partie intégrante de ce que je fais. Dans Welcome home, je présente la machine qui est sensée remplacer tout ce que je n’ai pas envie de faire dans le future. C’est un truc de mec d’à tout pris vouloir être le boss! Ce n’est pas facile à lire tout ce que je confronte dans ce sens-là où tout ce que j'essaye de rendre, mais je trouve ça vraiment intéressant.

Une partie du travail est faite avec des 'samples'. Tous les éléments que j’utilise sont des éléments visuels ou sonores qui viennent de l’Internet, même les logiciels. La motivation vient du fait que j’aime travailler avec les choses qui sont volées. Je n’aime pas travailler avec de grands outils. J’aime travailler avec des petits outils surtout sans les payer et après les redistribuer.

L :Pourquoi pas le linux?

Non, non, je veux travailler avec des choses qui sont payantes et après les redistribuer. Visuellement ça n’a aucune importance. Ce qui est important est d’éviter de consommer pour rien. Si jamais il y a les jeux du gendarme et du voleur. Je serais le voleur. C’est bien de travailler avec des samples de 30 secondes, cela me limite et c’est un défi pour moi. Tout ce que tu verras c’est éphémère. Demain je ferais la même performance et elle n’aura pas le même sens parce que simplement demain mes goûts ont changé, parce qu'il fait plus beau, etc. Cela dépendant de plain des choses, de l'environnement…Alors, ‘Welcome home' comment est ce que ça se passe dans la performance? Je suis dans une espèce de bureau, dans un espace qui m’appartient. De cet espace que je re-crée je me laisse voir qu’il existe un monde qui me rend bien heureux, mais en vérité que je ne le suis pas beaucoup. Ce personnage est dépendant de la machine. Elle est beaucoup plus présente que moi. En fait je suis un accessoire de la pièce sauf que moi, je suis vivant ! La finalité c’est que je devienne un accessoire de la pièce. C’est l’ordinateur qui me dit: 'Bienvenue a la maison'. En réalité sans la machine, je ne suis plus rien. Je suis le dompteur de la machine!

Mais à cause des 'bugs' et du jeu entre la machine, la performance et le montage il y a un cote très dérisoire. Et c’est ce que représente le monde d’aujourd’hui, les choses délirantes et ridicules quand tu les ramènes à une autre échelle. Les gens pensent que je suis sérieux donc j’essaye de trouver moyen d’être sarcastique. Welcome home a sa continuité dans la performance “classique”, dans son architecture mais pas dans son contenu. Elle a un début, une fin et un côté narratif. Vraiment en surface. Tiens maintenant qu’est ce que je peux présenter dans cet espace? Je peux choisir. Par exemple, dans cet espace, je présente juste la partie sonore ou visuelle puisque cet espace ne peut pas être ma chambre.

Il a des choses qui me manquent dans le milieu du spectacle. Ce que j’ai envie c'est d’apporter les petites choses, la liberté à l'intérieur de la performance. Je veux que les gens puissent parler, que la performance ne demande pas une grande concentration. Si quelqu'un a besoin de boire une bière qu’il le fasse. Si un enfant a besoin de crier qu’il le fasse. Il faut questionner les conventions théâtrales, il faut le faire un peu comme au supermarché parce qu’on vit dans un monde de supermarché. Je ne veux pas dire que l'on doit résoudre le mal par le mal mais je préfère vivre avec mon époque et avec mon projet artistique. Je veux évoluer vers les choses de plus en plus plastiques en surface. Une surface complètement plastique qu'au même temps permet d'évaluer les différents niveaux, de contexctualiser le monde ou l’on vit. J’aime travailler autour de cela.Je me suis rendu compte que ces sujets-là sont encore très flous.

Puis il y a mon caractère nerveux fait qui fait double couche. Je me suis aperçu que je commence à travailler toujours tout seul mais que je m’entoure d’amis, des gens capables de parler bien mieux que moi des choses que je fais et rendre le travail alors plus visible. Quand quelqu’un se déplace pour le loisir, pourquoi n'irait elle / il pas au cinéma?plutôt qu’au théâtre, voir une installation, ou une performance? Je fais souvent la comparaison avec le cinéma. Un film au cinéma me marque (ne me parle) beaucoup plus qu'une pièce de danse, ou une ' Performance'. Il n'y a pas de conclusion que je veux souligner, mais je me pose des questions telles que : le théâtre, la danse ou d'autres formes d'expression artistique sont pourtant aussi des activités qui permettent de voyager tout en restant sur place, mais je m'aperçois au fil des années que leur publique se limite de plus en plus aux artistes eux-mêmes!!

À mon avis presque 40 pour cent d'une salle de spectacle, est composé de nos jours, d'artistes, d' invités, de programmateurs, ou d'initiés depuis de longues années, il peut être nécessaire de ne pas sortir de l'auberge avant d'aller voir certaines performances.

Pourquoi ? Je pense que c’est assez vrai que l’art est le reflet de la vie mais je suis aussi d’accord avec le fait que nous les artistes nous sommes dépendants de ce system. Mes créations sont le reflet de ma vie. J'aime ça; l'age, la responsabilité tout ça. Je ne suis pas sure d'être toujours en vie dans une vingtaine d'années, mais j’ai l’impression que je ferais toujours mon travail. Mon travail et aussi mon jardin!

L : Est ce que tu te sens faire partie d’un circuit ?

Non, ça ne me dérange pas et surtout je ne le souhaite pas, les circuits peuvent être intéressants pour pouvoir être mieux distribué, mais bien évidemment, quand ça se casse la geule, tout le monde dégringole en même temps. Non, je suis plutôt du genre solo, solitaire, solitude ....mais je souhaite m'ouvrir un peu plus à l'avenir, en commençant par la prochaine production qui sera un travail de collaborations avec differents amis. Les amis ont une grande place dans ma vie et mon travail.

Dans le future j’imagine que je peux faire des choses qui peuvent déplaire. La politique dans l'art par exemple, ça ne plait pas à tout le monde, surtout si vous pointez du doigt!,pourtant elle est partie intégrante d' une carrière artistique, et de plus en plus. Aussi qui ne connaît pas le rouage (les façons) du milieu n'as aucune chance. Tout cela est vraiment présent dans ce que je fait. Je peut mettre le doit sur les choses être d’avis sur l’économie du spectacle. Pourquoi est-ce que dans la musique, le cinéma, les choses évoluent assez vite? Tous les genres house, techno, acide house ! Il y toujours quelqu’un qui ajoute quelque chose.

Pourquoi chez nous (les danseurs) ça met tellement de temps à changer? Le risque n’est pas très utilisé ! L'inconnu, le risque devrait faire partie de l’art ! Peut-être c’est une vision utopique. Beaucoup de programmateurs se laissent croire qu'ils prennent des risques en programmant des Jeunes créateurs de 40 ans (je me demande où sont les risques pris, après presque 20 ans d'expériences dans le domaine artistique). Jeune créateur qu’est ce que c’est à 38 ou 40 ans? Un environnement classé avec un publique tellement réduit, de l'exclusivité, de l'élitisme, peut être même de la prétention.

Pourquoi faire tellement de concessions ? Tout l’investissement est de l’argent déjà perdu. Et alors sans risque : c’est de l’argent doublement perdu!! Il faut qu’ils restructurent leurs paramètres de subventions. Il y a beaucoup du bouche-à-oreille. C’est la mafia! C’est sur le plan de la qualité artistique qu’on perd. Il faut de la diversification. Où est la barrière qui fait percevoir ses choses? Il faut que ce soit très petit ou alors très gros de façon à que tu puisses te dire, il y a un truc là.

Mais moi j’aime quand même bien l’ambiguïté. La surprise de la banalité! Oui parce que ça cache quelque chose de plus profond qui n'a pas à avoir d’explication. Cela contient la liberté de partir dans un tas de choses que tu ne sais pas savoir. On a peur du gratuit et un jour se sera la Mode du gratuit le courrant crever les contraintes de ce tu fais!! J'aime à ne pas avoir à me prouver dans ce que je fais. J'aime préserver la liberté de celui qui est-là, de façon à qu'il puisse interpréter de façon différente, même contradictoire ce que je fais. C’est intéressant que la réflexion est ses limites. L'intelligence, la consistance sont effectivement dominées. Donc on a la mode et le courrant, les références 'ancestrales'.

Cela devient très limitatif. Je te dis, un jour les capacités de sous-estimer des mathématiques prendront le dessus sur les petits êtres animaux. Quand je dis animaux, je pense à ces guerres (guerres de langues, guerre de couleur, guerre de pouvoir.... etc.), qui me font penser que nous ne sommes pas si humains. La machine, elle n'a pas d'ego, elle est régie par des raisonnements purement mathématiques, ce qui importe est qui programmera ces machines à tout faire !

Nous artistes, sommes en train d'intellectualiser tous ces paramètres. En ce moment l'art sans ses paramètres rend les gens perdus. Un artiste est quelqu'un de sensible, mais ne doit pas être pour autant quelqu'un de fragile.Comme chaque être humain sur cette terre, l’artiste a ses responsabilités. Dans ce cas là, la responsabilité envers le publique qui vient le voir, qu’il le soutienne ou non. J’ai le sentiment qu’on a créé une audience fragile dans sa capacité de gérer les émotions. Ce qu’ils vont voir ils ont déjà vu avant, sous une autre forme, c'est la création d'il y a deux ans, voir dix ans. C'est à mon avis ce qui freine l’évolution vers les choses éphémères.
20 12 2006

:: Zoeken
::