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Danser, choreograaf

Briefwisseling met Alix de Morant
een parallel project
:: Artikel
Briefwisseling met Alix de Morant
Curriculum Julien Bruneau
Residentie in B::C - Seconde main
Residentie in BC - phréatiques


La Haye le 10 Mai date improbable…

Un frissonnement.
D’éreinté, à érectile ? Discussions échineuses, caresses sinusoïdales, je sors au vent, mollets aux orties, le nez dans la (ta) motte, faire tinter le cristal de ma moelle épinière. A propos des frontières de la conscience, si je partage effectivement un certain goût pour l’oubli (renouvelé), et la limite (à laminer) , je m’intéresse aussi à ce qui ne pourrait être vécu, mais bien éprouvé : textures d’inconscient, sentiments de perte, déjà vu récurrents, vides, et questions. Mais corps et conscience comme masse, tandis que peau-pensée prêtant reflet, étendue miroitante, frémit, se froisse. Le jeu de l’immédiat l’oint d’une viscosité tandis que pelures de mémoire strient de ridules la couche de l’épiderme. Turquoise l’un du regard, topaze l’autre s’absout : chairs de poules. Et quelle veine bas de mes jambes, tandis que l’onde s’insinue entre orteils, que l’aiguille vrille méridien et que baille aux corneilles ? Elargissement du champ, comme con et cloaque.
En viendrons-nous aux mains ?
Que signifierait alors le non désir? Quelle force entraîne cet épanchement ? Hétérotopie, lieu de nos approchements. Pas d’embuscades, ni d’envies feintes, se livrer mutuellement un espace de liberté, une prairie où se brouter.
Drôle de journée
Où rien ne fut vendu, ni acheté
Que cul par-dessus tête,
Un repos, une brèche et la fente émue
Elargissement du trait

Mon corset, mon corps livre, mon corbeau. Hirsute, deux doigts, un léger écartèlement, tension délicate du muscle profond. Le papillon s’écrase pour laisser passer la chenille.
Ulcèration, elle urtique, la nique.
J’adore le mot néerlandais pour mouvement. Beweging : il bredouille , balbutie avant de s’ébranler, remue l’arrière train avant que de se laisser choir avec un son mat, un poids lourd . Pourquoi s’interdire un mouvement pernicieux ? Un ressassement ? Je reprends ma D là où je l’ai laissée, je D aux quatre coins, je renifle sous la D de l’autre, je D comme un con, je tiens la D haute à, je tiens la D, je tiens la distance. J’inhale et repousse les assaillants.
Ivre, L’adolescent bave
Hagard, il jubile,
Et rote au nez des passants.
Son bras droit comme une espérance
Pend.
Mollement.


Fruska Gora, le 8 juillet 2003

ciel de sable tranché de gueules
les culs en bataille odeurs en berne
“ ŽIVETI SE MOŽE UŽIVATI SE MORA ”
l’anus rit,
mon bout rage,
mon corps celle, s’rue, s’cataracte,
ponctue tel torrent deux poings ouvrir virgule
suspension

marcher passer repasser ne faire que passer taire baisser bruire ramasser marcher rester ouvrir tâter marcher

Dresser ce pelage qui nous est commun. Autant de poils, autant d’appels à l’imprégnation. Des fugues, canaux, ridules boire la charge, le lest, le laid, l’indécent. S’outrer de temps, gonflé de la précarité qu’en son cœur il célèbre, jusqu’à sourdre l’huile d’un immédiat oublieux, donné à nu à la caresse de tel abandon étale et miroitant. Corps oint.
De la pauvreté à la gloire, quel écart ? Ou abouchement ?
L’obstination ?
“ D’un geste à l’autre, habiter le temps d’une présence trouée de cette charge : offrir résonance aux hoquets, hiatus, dérives de débord et larsens en lesquels se vrille l’appel tendu vers le corps prochain. ”
S’astreindre à l’irruption, au spontané, c’est donner sa jeunesse, pigment, à la dilution dont s’imbibent les mémoires, dans un double mouvement de pénétration (verticalité) et de dissémination (horizontalité.) Je suis si jeune tant je suis ancien. Je suis si ancien tant je suis jeune. 5 minutes pour préparer cette danse improvisée ? 5 minutes et une vie (si ce n’était encore que ma vie.)
D’un geste à l’autre. Pas, pis, peau, pu : mon corps d’ange. Seins goulus, gueule de saint, mon corps d’âge. Oint.
Père la sueur : “ Il est urgent de libérer le corps des deux côtés de la peau ” (je souligne)
Ouin ouin. Mots mus.
Ma mie : meuh !
la lie le lot lu !
bas bille beuh beau bu !
vœu la lu peu pie veau beau !
pas bu ma bas ! lot !
beuh lit bille pu me le peau ! mie mot mû va vie vu !

“ Le champ de blé aux corbeaux ”, le dernier tableau de Van Gogh , ne nous montre qu’un seul geste, dont la répétition creuse le lit d’une ossification tuilée d’acharnement et d’assurance.
loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque imbibée de nuit d’usine d’attrait d’influence loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque loque


Je dis : I trust you as the night where I’m running in.
Elle dit : HERTZ.
Je ne pense pas.

retourner sarcler fendre étaler passer
Le champs darde où se cultive , rêche, le pas vers.






La Haye, Novembre 2003

De l’élasticité du papillon et de la réciprocité du Latex, je laisse ainsi deux dessins se répondre, et le jus se répandre.
En mon antre, ventre je singe les danses de l’attente, du rut ou de l’immobile refroidissement.
Fourbu, le corps est repu tandis que l’esprit incessamment vaque dans le fourmillement des idées, à creuser des tunnels souterrains.
Décharges, débordements, contention. Le tout tient dans un demi citron.
D’un geste, SUPERMAN nettoie ses pores obstrués de soucis épidermiques.
Le visage clarifié, s’engonce alors dans le bonnet.
Je voudrais lâcher là où la peau bleuit.
Fin du terrorisme de l’idée, acoustique du déplacement. Décharges. Il déploie sa cape, et dans l’anonymat de ses traits, déforme le réel jusqu’à l’absurde.


Arbitraire de l’œil sans ciller, renversé le mime de la main.
Desquamée mangée de tâches de brume, elle gratte au scalpel l’encre du dessin, incise, sculpte la face cartonnée Une bulle s’écrase sous la pression de la phalange qui grince tandis que le poids du grenat imprime son serti à l’angle de l’annulaire. Une déclivité secondaire provoque l’involontaire surgissement du signe. Ainsi le geste d’écrire, de peindre ou de danser ne serait-il qu’un moyen annexe de communicabilité, un dérivé du geste technique, un accident du savoir manuel ? Mais qu’atteindre, quelles couches soulever, la question demeure.

Je suis heureuse qu’une image marquante, celle de ce peintre de second rang de l’école haguenoise, vieille beauté libidineuse et flétrie mais qu’un dandysme artiste conserve dans sa sénilité avancée
( Image reçue puis trahie, presque gauchie par ma propre traversée rapide, hâtive de son espace de représentation : une salle de projection, où sont disposées quelques chaises, tandis que sur l’écran, bave cette colorisation violacée typique d’une déformation du trait par la pixellisation numérique ; mais cette teinte d’évêque convient à la morbidité d’un visage, celui de Théo Bitter, où l’œil luit encore d’une insatiable perversité. Et les lunes jaunies fleurent la fiente de vieillard et le poppers des backrooms) coïncide avec cette lecture impulsive de la philosophie de Vilem Flusser.

Je voudrais désormais des livres à effeuiller, des architectures mouvantes, où tomber par la fenêtre dans un espace ouvert, hélicoïdal, des livres coupoles où rassembler mes membres et mes pensées sous un chapeau sans armatures.



Bruxelles, 20 janvier 2004
A travers la marche, tu ne trouves pas de réponse. Tu déposes des questions.


L’écriture, la danse (on pourrait encore ajouter le dessin), alors que tu te demandes si je les ai en possession ne s’imposent-ils également en chemin de dénuement ? Parcours qu’indiqueraient en pointillé ces pratiques comme scories d’un corps à corps avec le mystère.

A produire, le mystère ? La volonté ne peut y prétendre. Le faire suer, oui. Erosion saline laissant présager par sa réciprocité à l’urée d’une miscibilité. Mixtion de son blanc battement rentré et d’inquiets jets profus, miens.

J’initiais mon propos en évoquant soustraction, assèchement, retrait, j’en viens rapidement à devoir considérer l’afflux. Il en va, je crois de ma pratique (écriture, danse…) comme d’une écume, native de mouvements interpénétrés dont elle n’est que la frange. En ses intimes bousculades, elle mousse contradictoirement : expansion goulue et interstitielle brutalité tectonique.

Ainsi lorsque récemment je lançais : faut-il seulement faire ? comme le son fécond dont l’écho résonne à travers tout mon parcours, était-ce probablement pour mettre à distance une vieille peau détendue. Suspendre la question. La battre, la retourner et la tordre. Essorée enfin. Jusqu’à la dernière goutte, son jus en libation pour son propre deuil. Comblé. Si pas de joie certainement, deuil comblé par contre de participation, d’adhésion. Deuil prononcé la gueule pleine de sol.

Alors que pour la bouche, c’est rond, posé, le son du mot gueule, lui, est dynamique : impulsion vive, pour un élan qui fend ensuite un flot au courant duquel s’abandonner.

Alors que pour la bouche c’est : ponctuer le visage, subir l’identité, pour la gueule c’est :
régresser vers l’anonyme, planter ses racines loin dans l’os, minérales.

Ainsi c’est tout le crâne qui dégage quand de la gueule sonne l’embarquement.
Corps dégoupillé -…1…2…3…a…cé…phale !!!- s’éclate en gerbe d’intestinal soubassement, l’instant furieux où saisi, il reste seul sur la berge.

As-tu remarqué à travers notre correspondance cette tendance qui en bien d’autres occasions s’impose ? Je vais vers l’autre/toi m’appuyer comme à la berge d’où prendre l’élan qui me fait rejoindre un courant qui passant par moi, m’en écarte cependant, m’éloignant d’un même mouvement de lui/ de toi.

Si de ma lettre déjà citée je me méfie donc de l’emphatique ascèse du « faut-il faire ?», je m’attache par contre à la notion de cataracte. Mouvement s’abîmant en lui-même dans son irrépressible élan aveugle. C’est de commotions critiques au sein de l’abandon à un mouvement dont je reconnais qu’il me dépasse que je peux espérer lucidité. Ce en quoi faire est nécessaire : donner corps au courant où plonger la sonde. Tout au long de ce chemin qui ne mène nulle part, à tout moment toute direction semble envisageable. Rien de gratuit pourtant dans l’affirmation de celle qui finalement prévaut, par contiguïté immédiate, elle se renifle et se joue (comme un pari). L’erreur et le détour, concrétions lourdes, opaques, y sont plantés comme des bornes. Chaque instant se surprend, se penche en lui-même pour y trouver le ressort qui le verse dans l’instant suivant.




Tolède, 1300.
Caminantes. No hay caminos, hay que caminar : anonyme instruction plantée loin dans le temps, minérale.
Luigi Nono en fait la blanche pulsion de ses dernières œuvres.
( marcheurs. Il n’y a pas de chemin, il n’y a qu’à marcher )

06 03 2006

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