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Artistes
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Cécile Ibarra
art plastique / performance

Cécile Ibarra est une artiste et performer française actuellement établie à Bruxelles. Elle est diplômée d’un MA en Arts-plastiques de l’Université de Rennes 2 (France) ainsi que d’un Brevet technique en couture ce qui lui a permit d’élargir ses champs d’expérimentation plastique. Sa pratique s’oriente autour de l’installation, la sculpture, la vidéo et la performance. Sa formation l’a également amené à participer à de nombreux cours et workshops en danse contemporaine. Elle a obtenu une bourse d’étude en Pologne (Académie Beaux-Arts Marie Curie Skłodowskiej) ce qui lui a permit de prendre part à des ateliers de gravure, photographie et sérigraphie.
Elle a exposé à Berlin, dans le sud de l’Angleterre et a participé à des expositions collectives au centre d’art de Lublin (Pologne) et récemment à une résidence d’artiste à Bruxelles. En parallèle, elle a travaillé dans différents centres d’art et organisations culturelles.

Sa pratique tourne autour de l’effort, avec une attention particulière sur la performance journalière de rituels et d’activités. Dans cette confrontation directe, l’oscillation entre l’autorité et la servitude met en lumière le fonctionnement interne des obligations, des restrictions et des codes sociaux. La relation au matériau est également omniprésente, ainsi les pièces qui ne sont pas déterminées par avance sont le résultat d’un cheminement mental orchestré par la matière et les matières brutes, leur découvertes et transformations. On retrouve également dans sa pratique le rapport à un in-situ, au lieu même qui participe au mode de création de l’œuvre. Et pour chaque nouvelle pièce, un apprentissage technique est envisagé, ceci pour mieux le détourner, le saboter, à la manière d’un technicien dont le pouvoir permet de décider des règles. Par une accumulation jusqu’à l’absurde créée par une situation aliénante, et par l’importance de son processus elle pose la question de la porosité des frontières entre les domaines artistique et industriel. Ce croisement entre ces deux champs d’activité à priori différents devient ici complexe puisque l’un emprunte à l’autre, on ne sait plus alors à quel domaine appartient le résultat final. Comme un détournement de l’autorité de l’art. Tout devient une question de pouvoir, lequel est illustré dans le fond comme dans la forme plastique de sa pratique. L’information disparaît dans la masse.

Le sabotage est « une action délibérée visant à affaiblir une autre entité par la subversion, l’obstruction, la perturbation ou la destruction. Dans le milieu du travail, le sabotage est le retrait conscient de l’efficacité générale visant à provoquer un changement des conditions de travail. Celui qui se livre à des actes de sabotage est un saboteur. En règle général, les saboteurs tentent de dissimuler leur identité en raison des conséquences de leurs actions. »

Cet acte qui a pour but de détériorer ou de détruire intentionnellement du matériel, des installations prendrait pour origine étymologique le mot “sabot” lui-même. En effet, le sabotage a pris plus d’extension depuis quelques siècles déjà, par suite de l’emploi des machines à saboter qui fabriquent plus vite et mieux que les ouvriers ordinaires. Il est ainsi, selon certaines sources, dérivé de l’action même des travailleurs aux chaussures à bois qui bloquaient le système des engins industriels en y balançant les précieux sabots. Même si cette source n’est pas vérifiable, elle n’en demeure pas moins qu’elle a servit de prétexte à l’élaboration de ce projet, à cette différence qu’ici les sabots se transforment en outils précieux et utiles par la présence de cisailles sous la semelle pour la coupe du gazon.
Le sabotage lui-même est devenu mon principe de fabrication. Dans le contexte de ma résidence, je me suis retrouvée personnellement impliquée dans ce rapport au sabotage, que cela soit sur mon lieu de travail, dans ma vie personnelle, affective. Ayant été moi-même sabotée dans la réalisation de mon projet, il était devenu évident qu’à mon tour je deviendrais saboteur mais dans un sens plastique.

La vidéo, entièrement filmée à Bains Connective, fait référence pour la partie audio à un ouvrage sociologique de Michel Crozier * selon lequel la hiérarchie des pouvoirs en entreprise n’est pas celle que l’on croit, et bien souvent les techniciens ont une supériorité sur les cadres, voir directeurs, en raison de leur connaissance technique et peuvent se permettre le passage à un sabotage quelconque. En lien avec la vidéo, une installation, un parterre de pelouse de 20m² taillé par endroits à l’emporte pièce, tel un puzzle. Un système d’irrigation arrose en temps réel la pelouse et selon un minuteur en interaction avec la vidéo, le mécanisme lui-même devient saboté, l’arrosage se fait par intermittence.
La vidéo installation prend alors une dimension vivante, dans la présentation comme dans sa matérialité. Avant la présentation lors de Happenings show, l’herbe a été arrosée quotidiennement afin de ne pas se dégrader, de même elle a fait de nouvelles pousses, par endroits elle a grillé.




* A quoi sert la sociologie des organisations ?, Paris, Arslan, 2000.

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